Le cancer de la prostate reste un sujet délicat, souvent entouré de silence et de malentendus. Pourtant, c’est le cancer le plus fréquent chez l’homme : en Italie on estime plus de 40 000 nouveaux cas en 2024 et près de 7 000 décès par an. La bonne nouvelle, que l’on entend moins souvent, c’est que détecté tôt, ce cancer est souvent curable ou contrôlable. Alors parlons‑en clairement : prévention, dépistage, examens modernes et impacts sur la sexualité après traitement — tout ce que les hommes (et leurs proches) doivent savoir pour agir en connaissance de cause.

Pourquoi briser le tabou autour du dépistage ?

Le vrai danger n’est pas seulement la maladie elle‑même, mais le retard de diagnostic. Beaucoup d’hommes renoncent aux contrôles par gêne, par crainte ou parce qu’ils minimisent des signes discrets. Or, les chances de guérison sont fortement liées à l’âge du diagnostic et au stade de la tumeur. Parler du sujet, encourager les visites urologiques et rendre le dépistage accessible et informé, c’est sauver des vies.

Qui est le plus à risque ?

Quelques facteurs augmentent significativement le risque :

  • L’âge : le risque augmente après 50 ans, et la majorité des diagnostics survient après 65 ans.
  • Les antécédents familiaux : si un père ou un frère a eu un cancer de la prostate, le risque est doublé ; il peut être jusqu’à six fois supérieur si plusieurs membres de la famille ont été touchés précocement.
  • Les mutations génétiques : BRCA1 et BRCA2 ne concernent pas que le cancer du sein ; elles exposent aussi à un risque accru de cancer prostatique.
  • Le mode de vie : sédentarité, obésité, tabagisme et alimentation riche en graisses saturées contribuent également au risque.
  • Ces éléments montrent que, pour certaines personnes, anticiper le dépistage est une démarche prudente et utile.

    Quand commencer les contrôles ?

    La recommandation générale : pour les hommes sans facteur de risque, un premier dosage du PSA vers 50 ans est souvent approprié. Pour ceux avec antécédents familiaux ou mutations, commencer vers 40 ans peut être recommandé. L’essentiel : discuter avec un urologue et prendre une décision partagée, adaptée au profil individuel.

    Le PSA : outil indispensable… mais imparfait

    Le dosage du PSA (antigène prostatique spécifique) reste le test de référence pour initier un parcours diagnostique. Attention toutefois : il n’est pas un test « pour le cancer » à lui seul. Le PSA s’élève aussi en cas d’inflammation ou d’hyperplasie bénigne. C’est l’évolution du PSA dans le temps, associée à l’examen clinique et à l’histoire médicale, qui oriente les décisions ultérieures.

    Les innovations : PSA « intelligent » et imagerie de pointe

    Les progrès récents ont rendu le dépistage plus subtil et moins invasif :

  • Le PSA reflex, ou « PSA intelligent », aide à mieux différencier les élévations liées à des causes bénignes de celles qui demandent des investigations approfondies, réduisant ainsi les faux positifs et les biopsies inutiles.
  • La résonance magnétique multiparamétrique (IRM mp) permet aujourd’hui d’identifier avec précision les zones suspectes dans la prostate. Elle oriente les biopsies ciblées, ce qui augmente la détection des tumeurs cliniquement significatives et évite des prélèvements systématiques superflus.
  • Ces technologies permettent une médecine plus personnalisée et moins agressive.

    Que se passe‑t‑il si un cancer est diagnostiqué ?

    Le traitement dépend du stade, de l’agressivité de la tumeur, de l’âge et de l’état général du patient :

  • Surveillance active : pour les tumeurs à faible risque, une surveillance rapprochée (PSA périodique, IRM, biopsies ciblées) peut éviter un traitement immédiat et ses effets secondaires.
  • Chirurgie (prostatectomie) : l’ablation de la prostate est indiquée pour de nombreuses tumeurs localisées.
  • Radiothérapie : alternative ou complément selon les cas.
  • Thérapies ciblées et hormonothérapie : pour les formes plus avancées, des traitements spécifiques réduisent la progression.
  • Chaque parcours est unique. L’équipe urologique explique les options, les bénéfices et les risques, et accompagne le patient dans le choix le plus adapté.

    Et la sexualité après un traitement ?

    Les craintes concernant la sexualité sont légitimes : impuissance transitoire ou permanente, troubles de l’éjaculation, modification de la libido sont des conséquences possibles, selon le traitement choisi. Mais la prise en charge a beaucoup évolué :

  • Des techniques chirurgicales préservant les nerfs permettent d’augmenter les chances de récupération de l’érection.
  • Des solutions pharmacologiques (inhibiteurs de la PDE5), des dispositifs mécaniques (pompes), ou des injections intracaverneuses existent et sont efficaces pour de nombreux hommes.
  • La rééducation sexuelle et le couple counseling doivent faire partie du parcours : la communication avec la partenaire, l’information et l’accompagnement psychologique sont essentiels.
  • Informez‑vous en amont : savoir ce qu’il est possible d’envisager aide à mieux vivre l’après‑traitement.

    Prévenir au quotidien : ce que chacun peut faire

    La prévention repose sur des gestes simples :

  • Adopter une alimentation équilibrée, riche en fruits, légumes et pauvre en graisses saturées ;
  • Limiter le tabac et pratiquer une activité physique régulière ;
  • Surveiller son poids et éviter la sédentarité ;
  • Discuter du dépistage avec son médecin, en particulier si des facteurs de risque existent.
  • Pourquoi la sensibilisation est‑elle essentielle ?

    Rompre le silence autour de la santé masculine, c’est d’abord permettre aux hommes de consulter sans réserves. C’est aussi encourager les proches — conjointes, familles, amis — à soutenir et à inciter aux contrôles. Enfin, c’est faire pression pour un accès facilité au dépistage organisé, comme le lancement de programmes régionaux en Lombardie, cité comme exemple, qui peuvent marquer une avancée publique importante.

    En tant que lectrices et proches, nous pouvons contribuer à lever le tabou : en parler, partager l’information, et encourager ceux qui nous entourent à se faire dépister. La prise en charge du cancer de la prostate a fait de grands progrès — la clé reste la détection précoce et une décision médicale partagée et informée.

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