Rosa est tout en retenue. Elle vit tout à l’intérieur et le montre peu : c’est ainsi que Maria Chiara Giannetta décrit le rôle qu’elle incarne dans Rosa Elettrica, la nouvelle série Sky Original disponible dès le 8 mai. Plus qu’un simple thriller‑route, la série est un portrait intime d’un personnage féminin complexe — à la fois fragile, tendu et d’une étonnante ténacité — que Sofia vous propose de découvrir sous tous ses angles.
Une fuite qui est d’abord une rencontre
Rosa Elettrica part d’un postulat simple sur le papier : une jeune agente infiltrée doit escorter un “baby boss” de la camorra, Cocìss, décidé à collaborer avec la justice. Mais la série ne s’arrête pas à la mécanique du polar. Dès les premiers kilomètres, le road‑movie se transforme en chronique d’un rapprochement improbable entre deux mondes et deux générations. Rosa, mystérieuse et introvertie, et Cocìss, figure juvénile et dangereuse, se retrouvent liés par la nécessité et le danger — et, progressivement, par une intimité inattendue.
Un rôle aux antipodes de Blanca
Pour celles et ceux qui ont aimé l’intensité lumineuse de Blanca, Maria Chiara Giannetta propose ici un contrepoint : si Blanca était “toute dehors”, chaleureuse et solaire, Rosa est “toute dedans”. L’actrice souligne la différence radicale entre les deux héroïnes, ce qui la pousse à explorer de nouvelles textures d’interprétation. Rosa est insécure, sensible, marquée par un passé de raver et une relation profonde à la musique électronique — un univers qui explique en partie sa façon d’être et d’éprouver le monde.
La cistite comme symptôme narratif
Un détail inhabituel capte l’attention : Rosa souffre d’une cistite à connotation psychosomatique. L’évocation de ce symptôme n’est pas anecdotique ; elle est un signal narratif. Pour l’actrice, la cistite incarne l’avertissement du corps, l’alarme intime qui dit : “fais quelque chose”. Plutôt qu’un simple élément de réalisme, ce mal devient métaphore — la tension intérieure accumulée, le non‑dit, la nécessité d’agir pour se retrouver soi‑même.
Musique et émotion : la bande‑son comme personnage
La musique est au cœur de la série. Davide Marengo, le réalisateur, a fait du son un vecteur émotionnel puissant : souvenirs, rapprochements, ruptures se tissent autour de morceaux choisis. Il existe un moment clé où Rosa joue No Surprises des Radiohead — une scène décrite comme intense et chargée d’émotion. La musique sert ici de langage non verbal : elle révèle, apaise, rapproche. Pour Rosa, ancienne raver, la musique est un refuge et un lieu de vérité.
Une dynamique entre générations
Au‑delà du duo central, Rosa Elettrica explore la confrontation des générations et des vécus. Rosa et Cocìss incarnent deux façons de naviguer dans un monde violent et incertain : l’une est façonnée par la discrétion et l’intériorité, l’autre par l’urgence et l’affirmation. Leur relation devient un terrain d’apprentissage mutuel, où l’un aide l’autre à sortir de ses enferméments — parfois par la colère, parfois par la tendresse. Ce qui intéresse la série, c’est moins le crime que la relation humaine qui se construit malgré tout.
Humour, rage et tendresse : le cocktail tonal
Les mots de Francesco Di Napoli (Cocìss) disent l’essentiel : Rosa Elettrica mêle amour, colère, moments difficiles et instants de légèreté. Ce mélange tonique de genres — action, thriller, comédie — donne à la série une coloration originale. L’équilibre trouve sa force dans la sincérité des personnages : ils sont imparfaits, blessés, parfois drôles, souvent touchants.
Pourquoi regarder Rosa Elettrica ?
La série propose plusieurs raisons de s’y plonger :
Ce que révèle le choix de Giannetta
En acceptant Rosa, Maria Chiara Giannetta montre qu’elle cherche des rôles qui la poussent à fouiller l’intériorité. Après Blanca, personnage solaire et expansif, Rosa est un pari audacieux : il exige retenue, micro‑gestes et intensité intériorisée. Pour le public, c’est l’occasion d’apprécier la palette d’une actrice capable de jouer aussi bien la confidence que l’explosion contenue.
Un thriller au service de l’émotion
Rosa Elettrica n’oublie jamais son cœur : la mécanique policière reste un cadre, et ce cadre sert la découverte de personnages. La série interroge la solitude, le besoin de musique comme langage intime, et la façon dont deux êtres peuvent se reconstruire en se confrontant. Pour celles qui aiment les récits humains déguisés en polar, Rosa Elettrica promet d’être une belle surprise.



