On a toutes cette copine qui a toujours un remède miracle dans son placard de cuisine. Celle qui sort une petite fiole ambrée pour tout : boutons, maux de gorge, coup de fatigue, masque beauté improvisé entre deux visios… Et, bien souvent, dans cette fiole, il y a du miel de manuka.
Star des réseaux, chouchou des naturopathes, ennemi juré des petits bobos du quotidien : le miel de manuka s’est fait une place de choix dans nos routines santé et beauté. Mais derrière le marketing bien huilé et les prix parfois délirants, qu’est-ce qui relève vraiment de la science, et qu’est-ce qui tient du pur storytelling ?
On respire, on se fait une tisane (ou un café, aucune pression), et on démêle ensemble le vrai du faux.
Mais d’abord, c’est quoi exactement le miel de manuka ?
Le miel de manuka vient d’un arbuste, le manuka, qui pousse principalement en Nouvelle-Zélande (et un peu en Australie). Les abeilles butinent ses fleurs et produisent un miel très particulier, à la texture dense, au goût puissant, presque caramélisé, avec parfois une petite pointe « médicinale » qui surprend la première fois.
Ce qui le distingue des autres miels, ce n’est pas seulement son exotisme, mais une molécule clé : le méthylglyoxal, ou MGO pour les intimes. C’est lui qui donne au miel de manuka ses propriétés antibactériennes remarquables, bien plus élevées que celles des miels classiques.
Pour mesurer cette force, la Nouvelle-Zélande a mis en place une sorte de barème : l’UMF (Unique Manuka Factor). Plus le chiffre est élevé (UMF 5+, 10+, 15+, 20+…), plus le miel est concentré en principes actifs… et plus le prix grimpe avec la grâce d’un talon aiguille sur un trottoir pavé.
Les bienfaits santé : là où le manuka ne fait pas semblant
On va être honnête : tout n’est pas magique, mais plusieurs effets sont bien documentés par la science. Et pour une fois, ce n’est pas (que) du marketing.
Un allié précieux pour la gorge irritée et les petits virus
Tu connais ce moment où ta gorge pique, que tu as un rendez-vous important le lendemain, et qu’une petite voix intérieure murmure : « pas maintenant, pitié » ? C’est typiquement le genre de situation où le miel de manuka peut faire la différence.
Ses atouts :
- Action antibactérienne : le MGO aide à freiner la prolifération de certaines bactéries responsables d’infections ORL.
- Effet apaisant : comme tous les miels, il tapisse la gorge, calme l’irritation et réduit la sensation de brûlure.
- Petit boost immunitaire : grâce à ses antioxydants, il aide l’organisme à mieux faire face aux agressions.
Comment l’utiliser ?
- 1 cuillère à café à laisser fondre directement en bouche, 1 à 3 fois par jour.
- Dans une infusion tiède (pas brûlante, sinon on abîme une partie des composants actifs).
- En cure courte dès les premiers signes de rhume ou de mal de gorge.
Attention cependant : ce n’est pas un antibiotique, et ça ne remplace jamais une consultation médicale si la fièvre grimpe, dure, ou si tu te sens vraiment KO.
Un soutien pour la digestion en douceur
Ballonnements après chaque repas, ventre qui gargouille au moindre stress, transit capricieux… Le système digestif adore manifester quand notre rythme de vie part en freestyle. Le miel de manuka peut aider à calmer un peu la contestation intestinale.
On lui prête notamment :
- Une action antibactérienne douce dans l’estomac et l’intestin, qui pourrait aider à rééquilibrer la flore.
- Un effet anti-inflammatoire local intéressant en cas de muqueuses irritées.
- Une aide pour certaines personnes souffrant de brûlures d’estomac ou d’ulcères (toujours en complément d’un suivi médical).
En pratique : une petite cuillère de miel de manuka le matin à jeun, avec un grand verre d’eau, peut devenir un rituel discret mais efficace, surtout si tu as un tempérament stressé à l’estomac sensible.
Cicatrisation et petits bobos : le côté « pansement naturel »
C’est sans doute l’un des usages les plus sérieux et les mieux documentés : le miel de manuka est utilisé dans certains hôpitaux et cliniques, sous forme stérilisée, pour favoriser la cicatrisation des plaies.
Ses atouts :
- Il empêche certaines bactéries de se développer sur la plaie.
- Il maintient un milieu humide favorable à la régénération de la peau.
- Il peut réduire les odeurs et apaiser la douleur localement.
À la maison, pour les petits bobos (égratignures, petites coupures propres, irritations), certaines appliquent une fine couche de miel de manuka sur une peau bien nettoyée, recouvrent d’une compresse, puis laissent poser quelques heures.
Deux bémols importants :
- Sur une plaie profonde, brûlure sérieuse, plaie infectée : médecin, en priorité. Rien d’autre.
- Il existe des pansements au miel médicalisé, plus sûrs qu’un pot acheté en grande surface pour les cas plus sérieux.
Miel de manuka et beauté : l’allié des peaux capricieuses
C’est là que beaucoup d’entre nous avons découvert le manuka : pas dans une tisane, mais sur le visage. Entre les masques maison, les crèmes au manuka et les sérums « glow naturel », on pourrait presque croire qu’un pot suffit pour dire adieu aux imperfections. Sans promettre de miracle, ce miel a des arguments.
Pour les peaux à imperfections, mixtes ou acnéiques
Pas besoin d’être ado pour se retrouver avec un bouton qui choisit systématiquement le jour d’une présentation importante. Le miel de manuka peut s’intégrer dans une routine anti-imperfections, avec quelques précautions.
Ce qu’il peut apporter :
- Une action antibactérienne locale intéressante contre certaines bactéries impliquées dans l’acné.
- Un effet apaisant sur les rougeurs et les boutons inflammés.
- Un pouvoir hydratant qui évite de transformer la peau en désert craquelé.
Idées d’utilisation :
- En soin local : une pointe de miel de manuka sur un bouton propre, le soir, laisser poser 20 à 30 minutes, puis rincer.
- En masque purifiant doux : sur peau propre, une couche fine sur tout le visage (en évitant le contour des yeux), laisser poser 10 à 15 minutes, rincer à l’eau tiède. 1 fois par semaine.
- En combinaison avec une argile douce (blanche ou rose), pour un masque purifiant mais moins desséchant : moitié miel, moitié argile, un peu d’eau florale, 10 minutes maximum.
Attention tout de même : si tu as une acné sévère, inflammatoire, ou liée à un déséquilibre hormonal, le miel de manuka peut être un petit plus, mais il ne remplace pas un suivi dermatologique.
Pour nourrir, réparer et illuminer la peau
Au-delà des boutons, le manuka a aussi un vrai potentiel pour les peaux ternes, déshydratées, fatiguées par la pollution et le manque de sommeil (bonjour les mamans, bonjour les femmes qui jonglent avec mille dossiers).
Pourquoi il plaît autant :
- Il est humectant : il attire et retient l’eau, ce qui aide à maintenir une bonne hydratation.
- Il contient des antioxydants qui aident à lutter contre le stress oxydatif (pollution, UV, stress… tout ce qu’on adore).
- Il laisse souvent un léger effet « glow » après un masque, sans plomber la peau.
Une fois par semaine, un masque au miel de manuka pur peut devenir ton petit rituel de soin. Tu le poses pendant que les enfants prennent leur bain (ou que les mails s’alignent dans ta boîte, à toi de choisir). 10 minutes, pas plus, histoire de ne pas irriter les peaux sensibles, puis rinçage doux.
Cheveux secs, cuirs chevelus sensibles : le manuka à la rescousse
On pense rarement à appliquer du miel sur notre tête, et pourtant… Pour les cheveux secs, les pointes abîmées ou les cuirs chevelus sensibles, il a aussi son mot à dire.
Idées d’utilisation simples :
- En bain d’huile + miel : 2 cuillères à soupe d’huile végétale (jojoba, olive, coco) + 1 cuillère à café de miel de manuka. Appliquer sur les longueurs, laisser poser 30 minutes sous une serviette, puis shampoing.
- Sur cuir chevelu irrité : une noisette de miel diluée dans un peu d’eau ou d’aloe vera, masser délicatement le cuir chevelu, laisser poser 10 minutes avant le shampoing.
Le miel ne remplace évidemment pas un traitement en cas de dermatite, de psoriasis ou de chute de cheveux importante, mais il peut apporter un peu de confort, notamment si tu as le cuir chevelu qui tiraille ou gratouille après chaque shampoing.
Miel de manuka : comment bien le choisir sans se ruiner ?
Parce qu’on ne va pas se mentir : le manuka, c’est cher. Et entre les étiquettes à rallonge (« raw », « premium », « médicinal », « super active »…) et les notations mystérieuses (UMF, MGO, NPA…), on a vite l’impression de passer un examen de chimie.
Les mentions à regarder vraiment
Quelques repères pour éviter les pièges marketing :
- Origine : privilégier les miels de manuka 100 % Nouvelle-Zélande, avec une certification officielle (label UMF ou MGO clairement indiqué).
- UMF ou MGO :
- Pour un usage quotidien bien-être / beauté : UMF 5+ à 10+ (ou MGO 100+ à 250+) suffit largement.
- Pour un usage plus ciblé (peau, gorge irritée, petit bobo) : UMF 10+ à 15+ (MGO 250+ à 500+).
- Au-delà (UMF 20+ et plus), les prix explosent, utile surtout dans des contextes spécifiques et médicaux.
- Prix anormalement bas : fuis. Un vrai miel de manuka, traçable, ne peut pas être bon marché.
Pour une utilisation essentiellement cosmétique (masques, boutons, petites irritations), un UMF 10+ est généralement un bon compromis qualité/prix.
Le réflexe « conso responsable » : en as-tu vraiment besoin ?
On peut difficilement parler de manuka sans parler d’écologie et de consommation responsable. C’est un produit importé, souvent en petit pot, qui voyage à l’autre bout du monde pour atterrir dans notre salle de bains. Autant poser la question qui pique un peu : est-ce toujours indispensable ?
Quelques pistes de réflexion :
- Pour des usages basiques (sucrer une tisane, adoucir la gorge légèrement irritée, hydrater un masque maison), un bon miel local de qualité peut suffire.
- Le manuka devient intéressant si tu cherches un miel à très forte activité antibactérienne (peau à problèmes, petit bobo, gorge très irritée).
- Inutile d’avoir 4 pots différents dans ton placard : un seul pot bien choisi peut servir à la fois pour la beauté et les petits bobos.
Une approche raisonnée pourrait être :
- Un bon miel local pour le quotidien (cuisine, tisanes, petit coup de mou).
- Un pot de manuka pour des usages plus ciblés (peau, gorge, petit kit de secours naturel à la maison).
Précautions et contre-indications : naturel, oui, mais pas anodin
Le miel, même de manuka, n’est pas un jouet inoffensif. Quelques règles de base s’imposent.
- Jamais avant 1 an : comme tous les miels, le manuka est interdit aux bébés de moins d’un an (risque de botulisme infantile).
- Allergies : si tu es allergique aux produits de la ruche (pollen, propolis, miel classique), prudence maximale, voire abstention.
- Diabète : le miel reste un sucre. Il doit être utilisé avec modération, et idéalement après avis médical.
- Traitement en cours : si tu as une pathologie chronique ou un traitement lourd, discute toujours avec ton médecin avant d’entamer des cures.
Et, toujours : aucun miel, même « miracle », ne remplace un diagnostic médical. C’est un allié, pas un substitut.
Comment l’intégrer simplement dans ta vie sans en faire une religion
On peut vite se sentir dépassée par les « routines » qu’on nous vend : 18 produits, 12 étapes, 3 couches de sérum et un pot de manuka à 60 € quelque part au milieu. La bonne nouvelle, c’est que tu n’as pas besoin de ça.
Quelques idées réalistes, adaptées à une vie déjà bien remplie :
- Rituel du matin : 1 petite cuillère de manuka dans une tisane tiède ou un verre d’eau citronnée, quand tu sens que ta gorge gratte ou que l’hiver est rude.
- Rituel du dimanche soir : un masque au miel de manuka de 10 minutes pendant que tu prépares la semaine, pour retrouver un peu de douceur et un teint plus net.
- Rituel « SOS bouton » : un point de miel sur le coupable le soir, quelques minutes, puis rinçage.
- Rituel « petit bobo » : sur une égratignure propre, une fine couche de miel, une compresse, et surtout un œil attentif à l’évolution. Au moindre doute : médecin.
L’idée n’est pas de sacraliser un produit, mais de l’utiliser en conscience, à bon escient, en respectant ton corps, ton budget et la planète.
En fin de compte, le miel de manuka, c’est un peu comme cette amie très douée mais qu’on ne voit pas tous les jours : précieuse dans certaines situations, non indispensable dans d’autres. À toi de décider la place que tu as envie de lui donner dans ta vie, en gardant ce fil rouge : prendre soin de toi avec douceur, mais aussi avec lucidité.


