Nadia Battocletti le répète avec la conviction de celle qui vit chaque entraînement : « Le repas, c’est notre meilleure essence ». À 25 ans, avec des médailles européennes et mondiales au palmarès, la demi‑fondiste italienne incarne cette idée simple et rassurante : performance rime avec routine, écoute du corps et récupération bien pensée. Sa préparation avant une course, ses choix alimentaires, mais aussi ses rituels de récupération offrent à toutes celles qui bougent — du joggeur amateur au coureur régulier — des repères concrets et mesurés.
Avant la compétition : la simplicité comme règle d’or
Pour les rendez‑vous importants, Nadia opte pour des plats très simples et familiers, souvent choisis par nécessité — beaucoup de compétitions se déroulant à l’étranger, la praticité prime. Sa règle : privilégier des glucides facilement digestibles, une portion de légumes et une source de protéines maigres. Exemple type : du riz blanc, des légumes (épinards, courgettes, carottes) et du blanc de poulet ou de la dinde.
Cette alimentation « sans fioritures » vise à stabiliser le métabolisme, limiter les imprévus digestifs et assurer un stock de glycogène suffisant. Nadia insiste : ces choix sont personnels et doivent être testés en amont — reproduire la tenue alimentaire du jour J sans l’avoir essayée en entraînement reste risqué.
Les glucides : la « meilleure essence » pour le demi‑fond
Les sports d’endurance reposent sur les réserves de glycogène. C’est pourquoi les apports glucidiques sont centraux dans la stratégie de Nadia. La quantité et la qualité varient selon la durée et l’intensité de l’effort :
La championne rappelle qu’il n’existe pas de recette universelle : l’apport doit être personnalisé en fonction du métabolisme, du sexe, de la masse corporelle et du climat.
Manger moins pour courir mieux ? Une fausse bonne idée
Le mythe selon lequel « être plus léger » implique de manger moins est dangereux, souligne Nadia. Elle n’a jamais envisagé de réduire drastiquement son alimentation pour « être plus performante ». Au contraire, un apport énergétique insuffisant compromet la performance et la santé : fragilité osseuse, dérèglement hormonal, immunité affaiblie — autant d’effets décrits dans la notion de RED‑S (Relative Energy Deficiency in Sport).
Intégration et suppléments : l’astuce terrain de Nadia
Nadia utilise des compléments ciblés quand la situation l’exige — par exemple lors d’entraînements intenses ou sous chaleur importante. Elle cite l’utilisation de gels salés lorsque la sudation est forte et la nécessité de réintégrer rapidement sodium et glucides pendant l’effort prolongé.
Un épisode montre son souci du détail : aux Mondiaux de Tokyo, pour garantir la prise de son complément de récupération immédiatement après la course, Nadia avait distribué des sachets à son entourage afin d’en avoir toujours un à portée de main à l’arrivée. Cela illustre l’importance de l’anticipation logistique dans la préparation d’une épreuve.
Récupération : le véritable entraînement caché
Pour Battocletti, l’entraînement n’est que la moitié du travail. Le repos, le sommeil, l’alimentation post‑effort et la gestion des charges sont essentiels à la progression. Elle a appris à reconnaître les signes de sur‑entraînement et à adapter ses cycles. Cette conscience corporelle s’est affinée avec l’expérience et a transformé sa carrière.
Conseils pour les sportives amateures
Nadia livre des conseils pragmatiques aux femmes qui pratiquent le sport en parallèle d’un travail ou d’une vie de famille :
L’apprentissage par l’erreur : une marque de fabrique
La championne insiste sur l’apprentissage personnel : au fil des années, elle a testé, erré, puis ajusté sa routine (alimentation, intégration, récupération). Cette démarche empirique est indispensable : chaque athlète est unique, et la science sportive fournit des cadres, mais l’individu reste la meilleure référence pour trouver ce qui fonctionne.
En définitive, la philosophie de Nadia Battocletti est simple et puissante : manger bien, récupérer bien, et progresser pas à pas. Pour toutes celles qui courent par plaisir ou pour se dépasser, ses routines sont une leçon de bon sens et de respect du corps.


