Ce soir sur Rai 5, à 21h20, un rendez‑vous musical d’exception : le « Concerto per l’Italia 2026 », enregistré le 18 juillet sur la mythique Piazza del Campo à Sienne dans le cadre du Chigiana International Festival & Summer Academy. L’événement réunit deux personnalités artistiques aux horizons différents mais complémentaires — Stefano Bollani, pianiste et saltimbanque du jazz, et Daniel Harding, chef d’orchestre britannique au geste précis —, accompagnés par l’Orchestra dell’Accademia Nazionale di Santa Cecilia. Au programme : Gershwin, Ravel et Musorgskij, un parcours qui mêle swing, raffinement orchestral et fracas symphonique.
Un programme pensé pour la diversité des émotions
La soirée propose trois piliers musicaux : la « Rhapsody in Blue » de George Gershwin, oxymore parfait entre jazz et orchestration savante ; « Alborada del gracioso » de Maurice Ravel, pièce brillante et rythmée tirée des Miroirs ; et enfin l’exécution intégrale des « Tableaux d’une exposition » de Modest Musorgskij dans l’orchestration de Ravel, œuvre‑monument qui traverse paysages, récits et visions avec une force dramatique peu commune. Ces trois œuvres composent un bouquet contrasté, idéal pour mettre en valeur la palette expressive des solistes et la puissance de l’orchestre.
Stefano Bollani : l’improvisateur qui parle aux publics
Stefano Bollani, héraut du jazz italien né en 1972, porte un double visage : l’homme de l’improvisation, celui qui joue avec les codes et improvise des ponts entre répertoires, et l’artiste curieux des formes classiques. Sa présence apporte une part d’inattendu et de chaleur humaine. Son parcours — collaborations avec Chick Corea, Pat Metheny ou Enrico Rava, invités auprès d’orchestres prestigieux — illustre sa capacité à naviguer entre liberté du jazz et rigueur symphonique. Dans ce concert, son intelligence musicale et sa fraicheur garantissent des moments de complicité et d’éclats — notamment sur Gershwin — où la virtuosité se teinte d’un sourire complice.
Daniel Harding et l’art du geste orchestral
Chef britannique de formation classique, Daniel Harding incarne la maîtrise du grand répertoire. Sa carrière l’a conduit aux Berliner Philharmoniker, à la Wiener Philharmoniker, à la London Symphony Orchestra et depuis 2024 à l’Accademia Nazionale di Santa Cecilia. Son approche conjugue clarté, précision du son et souci du détail ; c’est un chef qui sait modeler la dynamique et la couleur orchestrale, qualités indispensables pour des pièces comme les « Tableaux d’une exposition », où chaque tableau musical exige une atmosphère distincte. Avec Harding sur le pupitre, l’orchestre trouve un guide sûr, capable d’articuler la narration musicale avec finesse.
L’Orchestra dell’Accademia Nazionale di Santa Cecilia : un partenaire de haut vol
L’orchestre de la Santa Cecilia joue ici un rôle central : densité, homogénéité des pupitres, souplesse dans le dialogue avec les solistes. La combinaison Bollani‑Harding‑Santa Cecilia constitue une alliance fructueuse : la virtuosité individuelle (piano solo, gestes du chef) rencontre la cohésion orchestrale nécessaire pour des pièces aussi sculptées que celles au programme. Les échanges entre jazz et orchestre, si souvent délicats, trouvent ici un terrain d’évidence.
Pourquoi regarder ce concert ? Quelques raisons
Quelques moments à ne pas manquer
La « Rhapsody in Blue » est l’occasion d’entendre la fusion entre langage jazz et écriture orchestrale — moment où Bollani peut donner libre cours à son phrasé et à ses touches d’improvisation. « Alborada del gracioso » montrera la virtuosité d’un orchestre affûté, avec ses couleurs espagnoles revisitées par Ravel. Enfin, « Tableaux d’une exposition » sera le point d’orgue : de la « Promenade » inaugurale à « La grande porte de Kiev », l’émotion se construit image par image, orchestration par orchestration.
Un concert pour tous les publics
Que vous soyez déjà familière du répertoire ou curieuse d’une première approche, le « Concerto per l’Italia 2026 » offre une belle porte d’entrée. La transmission de l’émotion, la clarté de la direction, et la superbe texture orchestrale en font un programme aussi exigeant que convivial. C’est aussi un moment parfait pour échanger avec d’autres passionnées : discuter d’un passage, partager une émotion sur RaiPlay, ou simplement s’offrir une soirée musicale hors du temps.
Rendez‑vous donc ce soir sur Rai 5 — et, si vous le pouvez, préparez une infusion, installez‑vous confortablement et laissez la musique vous raconter ses histoires : elles sont à la fois grandes et proches, classiques et contemporaines, parfaitement incarnées par cette rencontre exceptionnelle entre Bollani, Harding et la Santa Cecilia.


