Chaque année, près de 19 millions de nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués dans le monde. La donnée impressionne, mais le plus important est peut‑être une autre statistique : selon une vaste étude internationale coordonnée par le Centre international de recherche sur le cancer (IARC) et l’Organisation mondiale de la santé, environ 40 % des cancers pourraient être évités. Autrement dit, une part considérable de la charge cancéreuse mondiale dépend de facteurs modifiables — des éléments de notre quotidien sur lesquels politiques publiques et choix individuels peuvent agir.
Quels sont les chiffres clés à retenir ?
L’étude, publiée dans une revue scientifique de référence, a analysé 36 types de tumeurs dans 185 pays et a estimé l’impact de 30 facteurs de risque évitables. En 2022, environ 7,1 millions de nouveaux cas de cancer étaient attribuables à ces facteurs. La proportion de cancers évitables varie selon le sexe et les régions : entre 25 % et 38 % des cas chez les femmes, et entre 28 % et 57 % chez les hommes. Ces écarts traduisent des différences de comportements, mais aussi des inégalités socio‑économiques et d’exposition environnementale.
Les principaux facteurs évitables identifiés
Le tabac demeure le premier facteur de risque : il est responsable à lui seul d’environ 15 % des cancers dans le monde. Mais d’autres causes jouent un rôle majeur :
Prévention primaire : les gestes qui sauvent
La prévention primaire vise à réduire l’exposition aux facteurs de risque avant l’apparition de la maladie. Voici les actions concrètes recommandées :
Prévention secondaire : dépistages et détections précoces
La détection précoce augmente fortement les chances de traitement efficace et de guérison. Les programmes de dépistage organisés (cancer du sein, colorectal, col de l’utérus) sauvent des vies lorsqu’ils sont bien mis en œuvre. Il est essentiel de respecter les recommandations locales : âge de dépistage, fréquence, méthodes (mammographie, test HPV, dépistage par recherche de sang dans les selles). Les femmes et les hommes doivent être informés et encouragés à participer aux campagnes locales.
Rôle des politiques publiques et des inégalités
Les facteurs évitables sont souvent liés à des déterminants sociaux : accès à une alimentation saine, espaces propices à l’activité physique, qualité de l’air, conditions de travail et couverture sanitaire. Les mesures de santé publique sont donc cruciales :
Ces politiques contribuent aussi à réduire les inégalités : l’accès universel au dépistage et à la vaccination, par exemple, compense des désavantages structurels.
Ce que chaque femme peut faire aujourd’hui
Messages d’espoir : la prévention fonctionne
La bonne nouvelle, c’est que la prévention est concrète et accessible. Des actions simples au quotidien, combinées à des politiques publiques ambitieuses, peuvent réduire sensiblement la charge du cancer. Les progrès thérapeutiques restent essentiels, mais investir en prévention, dépistage et équité d’accès offre le meilleur rapport coût‑efficacité pour sauver des vies dès maintenant.


