Le ski alpinisme entre pour la première fois au programme olympique à Milan‑Cortina 2026 : une consécration pour un sport longtemps considéré comme confidentiel qui séduit désormais un public large, et particulièrement de plus en plus de pratiquantes. Les épreuves, organisées les 19 et 21 février à Bormio sur le tracé de la Stelvio, promettent spectacle et intensité : montée, plat technique et descente se juxtaposent sur des formats courts et très télévisuels. Pour celles qui nous lisent et se demandent ce que représente cette arrivée aux Jeux, voici un tour d’horizon complet et bienveillant pour comprendre l’essence de ce sport et ce qu’il peut apporter — physiquement et émotionnellement.
Qu’est‑ce que le ski alpinisme ?
Le ski alpinisme, ou ski‑rando de compétition, combine ascension à la force des jambes (avec peaux de phoque) et descentes souvent techniques hors‑piste ou sur pistes préparées. C’est une activité de montagne exigeante qui demande endurance, technique et sens de l’itinéraire. Contrairement au ski de piste purement récréatif, il implique une lecture constante du terrain et des conditions, ainsi qu’un respect profond de l’environnement.
Pourquoi l’entrée aux JO est‑elle importante ?
La présence du ski alpinisme aux Jeux olympiques marque une étape symbolique et concrète : reconnaissance institutionnelle, visibilité médiatique et opportunités de financement pour les fédérations et les clubs. Fabio Meraldi, directeur technique de la Nazionale, rappelle que l’Italie a investi dans la discipline et récolte aujourd’hui les fruits de ce travail. Pour les athlètes, c’est l’occasion de porter la discipline sur la grande scène et d’inspirer une nouvelle génération.
Les formats en compétition : sprint et relais mixte
Ces deux formats ont été choisis pour leur intensité et leur potentiel attractif auprès du public télévisuel : en quelques minutes, ils montrent la difficulté de la montée, l’efficacité des transitions et la beauté des descentes.
Le boom de la pratique, surtout chez les femmes
Depuis quelques années, le ski alpinisme connaît un véritable engouement, notamment après la période du Covid où les activités outdoor ont explosé. Les pratiquantes, séduites par l’autonomie, la communion avec la montagne et l’effort complet (cardio + technique), sont de plus en plus nombreuses. Le coût d’entrée, bien qu’il existe (matériel technique nécessaire), reste raisonnable à long terme : skis, peaux, fixations, chaussures et kit de sécurité (DVA, pelle, sonde) représentent un investissement initial, mais l’usage de matériel d’occasion permet souvent d’amortir la dépense.
Écologie et éthique : un sport respectueux
Le ski alpinisme se distingue par son faible impact environnemental : il repose sur l’effort humain et n’implique pas d’infrastructures énergivores comme les grands domaines skiables. Les écoles de montagne et le Club Alpin (CAI) insistent sur une pratique responsable — ne pas empiéter sur les zones protégées, respecter la faune, s’informer sur les risques d’avalanches et préférer des trajectoires qui minimisent l’érosion. Cette approche « lente » de la montagne plaît à celles qui cherchent une expérience authentique plutôt que la consommation touristique de masse.
Sécurité : ce qu’il faut savoir
Les écoles affiliées à la CNSASA (Commissione nazionale scuole di alpinismo, sci alpinismo e arrampicata libera) offrent des parcours de formation pour progresser en sécurité. L’axe pédagogique porte sur technique, sécurité et éthique — trois piliers indispensables.
Matériel : investissement et alternatives
Le coût initial peut être dissuasif si l’on achète tout neuf, mais il existe des solutions : location saisonnière, matériel d’occasion, et formules pour débuter en club. Compter environ 1 000 € pour un kit de base (skis, fixations, peaux), plus 300‑400 € pour les chaussures et 300‑400 € pour le kit de sécurité. Pour beaucoup, l’achat devient rentable au fil des années, et l’utilisation d’un matériel léger et polyvalent améliore le plaisir et la performance.
Pour celles qui veulent essayer : quelques conseils pratiques
Que retenir ?
Avec son entrée aux Jeux, le ski alpinisme montre qu’un sport enraciné dans la nature et l’effort partagé peut accéder à la visibilité et au prestige. Pour nos lectrices, c’est une invitation : apprendre, se préparer et, pourquoi pas, participer à cette aventure. Le ski alpinisme offre une manière profonde de vivre la montagne — physique, exigeante, écologique et, pour beaucoup, profondément libératrice. Cet hiver, suivez les épreuves à Bormio : vous y verrez la beauté d’un sport qui magnifie l’effort et la communauté.


